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La présentation
et la rédaction des lois, ordonnances, décrets ou arrêtés
assurant la transposition d'une directive communautaire
obéissent aux mêmes règles que celles qui valent pour tout
texte normatif. Toutefois, les précisions suivantes peuvent
être apportées.
Mention de la
ou des directive(s) transposée(s) dans le texte de
transposition
Il est utile et
même nécessaire que le texte de transposition comporte la
mention de la ou des directives qu'il a pour objet de
transposer. Au demeurant, les directives communautaires
l'imposent généralement en indiquant in fine, après avoir
fixé le délai de transposition imparti aux Etats membres,
que « lorsque les Etats membres adoptent ces dispositions
[de transposition], celles-ci contiennent une
référence à la présente directive lors de leur publication
officielle. Les modalités de cette référence sont arrêtées
par les Etats membres. »
Pour autant on
évitera d'inclure dans l'intitulé du texte de transposition
celui de la directive transposée (ou des directives
transposées), a fortiori si cet intitulé est long ou si la
directive en cause a fait l'objet de modifications. Il est
préférable de définir l'objet du texte de transposition en
fonction de son contenu.
Ainsi, s'agissant
des ordonnances, décrets et arrêtés, la mention de la ou des
directives transposées dans les visas suffira (voir
fiche 3.1.5).
Pour les projets de loi, cette indication figurera
nécessairement dans l'exposé des motifs ; par ailleurs, lors
de la publication de la loi au Journal officiel, une mention
de la ou des directives transposées sera introduite par la
direction des journaux officiels en bas de page avant les
indications relatives aux travaux parlementaires.
Fidélité et
exhaustivité de la transposition
C'est
l'essentiel, la transposition doit être fidèle et complète
par rapport au texte de la directive éclairé par ses
considérants ; elle doit tenir compte le cas échéant des
positions prises par la Cour de justice des communautés
européennes à l'occasion de contentieux liés à l'application
de la directive en cause (dans l'hypothèse où la
transposition intervient avec retard…) ou de l'application
de directives antérieures ou similaires.
Sinon, la France
se trouve exposée à une action en manquement devant la Cour
de justice des communautés européennes. Dans l'ordre
interne, en outre, le juge administratif peut être conduit à
sanctionner un défaut de transposition de deux manières :
- par une censure
directe du texte de transposition en tant qu'il est infidèle
ou incomplet ; ainsi, par une décision du 28 mars 2003,
Fédération française des courtiers d'assurance et
réassurance, le Conseil d'Etat a annulé le code des marchés
publics en tant que ses articles relatifs aux appels
d'offres ne fixent pas de modèle d'avis d'appel à la
concurrence, méconnaissant ainsi les objectifs des
directives communautaires ;
- par la censure
de procédures ou actes conformes au droit interne mais ne
répondant pas aux objectifs fixés par des dispositions non
transposées de directives ; ainsi, en 2001, la même absence
de modèle d'avis d'appel à la concurrence traduisant les
prescriptions communautaires dans le droit national a
conduit le Conseil d'Etat à annuler la procédure de
passation d'un appel d'offres, dont la publicité n'avait pas
été assurée par le pouvoir adjudicateur conformément aux
objectifs des directives « marchés publics » (CE,
27 juillet 2001,
Compagnie générale des eaux).
Si la
transposition doit être complète, elle ne doit pas pour
autant conduire à superposer des dispositions nouvelles au
droit existant lorsqu'une simple adaptation de ce dernier
aurait suffi ; dans certains cas, le droit national assure
même par avance la transposition de la directive et n'a par
suite besoin d'aucun complément. En toute hypothèse, on
veillera à la cohérence et à la bonne articulation des
dispositions prises pour la transposition avec celles du
droit existant.
Par ailleurs, la
transposition doit être opérée dans le respect de la
hiérarchie des normes (voir
fiche 1.3.1)
et de la répartition des matières entre loi et règlement
(voir
fiche 1.3.2).
La transposition d'une même directive peut ainsi être opérée
pour partie par la loi et pour partie par la voie
réglementaire (décret voire arrêté).
Pour s'assurer du
caractère complet et fidèle de la transposition et de sa
bonne articulation avec les textes existants, les rédacteurs
d'un texte de transposition prépareront un tableau mettant
en regard les dispositions de la directive et celles du
projet, avec le cas échéant la mention des dispositions de
droit interne existantes qui rendent inutile la
transposition de telle ou telle partie de la directive et
l'indication des éléments de la transposition renvoyés à des
textes de niveau inférieur. Suivant les termes de la
circulaire du 27 septembre 2004
du Premier ministre relative à la procédure de transposition
en droit interne des directives et décisions-cadres
négociées dans le cadre des institutions européennes, un tel
tableau doit être le fruit de travaux d'analyse à engager
dès le stade de la négociation des actes européens. Il sera
joint au dossier lors des travaux interministériels, pour
répondre notamment à la demande du SGAE conformément à la
circulaire précitée, et des consultations préalables, en
particulier celle du Conseil d'Etat dans le cas d'un projet
de loi, d'un projet d'ordonnance ou d'un projet de décret en
Conseil d'Etat. Un modèle de tableau figure en annexe à la
présente fiche.
Difficultés
d'interprétation
Lorsqu'une
directive comporte des dispositions difficiles à
interpréter, malgré les indications fournies par ses
considérants, il convient d'en clarifier le sens et la
portée avant d'engager la rédaction du texte de
transposition. Pour cela, les rédacteurs se rapprocheront
des fonctionnaires ayant participé à la préparation et à la
négociation de la directive, s'ils n'y ont pas participé
eux-mêmes, ou consulteront le SGAE, aux fins, le cas
échéant, de consultation de la Commission européenne. Le cas
échéant, des informations seront recueillies sur la façon
dont d'autres Etats membres ont déjà transposé les
dispositions en cause.
Particularités de la rédaction
Comment traduire
en droit français les notions et termes juridiques utilisés
par la directive que l'on transpose ? Il convient à cet
égard, dans l'opération de transposition, de distinguer
clairement ce qui relève du droit de ce qui relève de la
langue.
Si l'acte à
transposer fait appel à des notions partiellement ou
totalement étrangères au droit interne, ou à des termes
employés dans un sens différent de celui que l'on connaît,
il pourra s'avérer nécessaire, contrairement aux habitudes
du droit français, d'introduire dans le texte de
transposition la définition des notions utilisées ou des
termes employés, en reprenant celle qui figure dans la
directive transposée, de façon à garantir que les mots ont
le sens et la portée que le législateur communautaire a
entendu leur donner. Ceci est particulièrement vrai dans le
cas où la directive met en place un dispositif
« transfrontières » applicable aux entreprises, dont la mise
en oeuvre doit être assurée de manière homogène par les
autorités des différents Etats membres. C'est ainsi, par
exemple, que les notions utiles à la surveillance spéciale à
laquelle sont soumis les groupes d'entreprises d'assurance
en vue de vérifier leur solvabilité sont précisément
définies à l'article
L. 334-2 du
code des assurances, qui reprend sur ce point les termes
mêmes des directives.
Si tel n'est pas
le cas, l'opération de transposition consistera à écrire
dans la langue claire et intelligible qui doit être celle du
droit français (voir fiches
3.3.1 et
3.3.2) les
règles mettant en œuvre les objectifs et principes fixés par
l'acte à transposer ou les règles définies par cet acte
lui-même. Est ainsi déconseillée la méthode consistant à
introduire des définitions pour des termes qui n'ont, par
eux-mêmes, aucune portée juridique ou signification
particulière ou à recopier purement et simplement des
expressions ou des phrases dont la rédaction peut être
améliorée sans risque de méconnaître l'acte à transposer
Lorsque l'on
introduit des définitions dans un texte pour assurer la
transposition d'une directive, et en particulier si ce texte
est un code, il convient de s'interroger sur les effets que
ces définitions risquent d'avoir sur l'interprétation ou
l'application de dispositions autres que celles dans
lesquelles elles s'insèrent. Le cas échéant, on limitera
leur portée en les faisant précéder de formules telles que
« Pour l'application du présent chapitre, … » ou « Au
sens des dispositions du présent chapitre, … ».
Transposition
par ordonnance
Enfin, il doit
être souligné que lorsque la transposition est opérée par
une ordonnance de l'article
38 de la
Constitution, l'exercice se trouve encadré par les termes de
l'habilitation, ce qui a pour conséquence de restreindre les
possibilités d'adaptations ou de modifications corrélatives
du droit interne existant.
Par exemple, une
habilitation à transposer une directive et à prendre les
mesures d'adaptation liées à cette transposition ne permet
pas, sauf mention expresse, de faire entrer dans le champ du
dispositif que l'on institue les pays de l'Espace économique
européen non membres de la Communauté, ni de mettre en œuvre
en droit interne des exigences découlant directement
d'articles du
Traité instituant la Communauté européenne
tels qu'interprétés par le Cour de justice des Communautés
européennes.
TABLEAU DE TRANSPOSITION D'UNE DIRECTIVE COMMUNAUTAIRE
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Dispositions de la directive à transposer |
Normes de
droit interne existantes portant déjà transposition de
certaines dispositions de la directive |
Nature juridique des nouvelles normes à adopter pour
assurer l'entière transposition de la directive |
Dispositions proposées |
Observations
(le cas échéant) |
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